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Mon plus grand rêve



2008. À la fenêtre d’un café d’Outremont, F. brasse mollement son café glacé pendant que la gourmande se délecte tranquillement d’une glace aux amandes.


— Francine, c’est quoi ton plus grand rêve? demande mon ami prêtre qui sera envoyé dans une nonciature d’un pays inconnu. Voudrais-tu avoir un poste d’organiste dans une cathédrale? Chanter des opéras? …

— Pourquoi veux-tu savoir ça? (sourire)

— Comme ça…

— Honnêtement, je ne rêve à rien de tout cela. Mon plus grand rêve, c’est de passer ma vie avec celui que j’aime, d’avoir une vie tranquille, peut-être une famille — ça ne dépend pas juste de moi, tout ça — et jouer de l’orgue sans les tracas de la mauvaise liturgie, mais c’est pas essentiel, ça… Mon plus grand rêve, c’est de pouvoir rester avec celui que j’aime et l’aimer jusqu’à la fin de mes jours et au-delà, si c’est possible d’aimer après la mort.

— …

— Je sais que toi, tu vas me dire que c’est possible. C’est rare que je dise ça, mais juste pour que ça soit possible, ça vaut la peine d’y croire.

— Tu veux te marier? (grand sourire)

— Hum… c’est une drôle de question que tu me poses. Tu me connais… le mariage tel que tu le définis ne m’est pas acquis… tu sais, l’Église catholique et moi… mais oui, j’aimerais bien.

— Ah ha! (air moqueur)

— Ben quoi! (sourire espiègle) Je ne suis pas conservatrice, mais ça n’empêche rien!


Rêvons-nous toujours de gloire, de réussite sociale, d’une brillante carrière, d’être admiré et aimé de tous? Ou répondons-nous dans ce sens parce que c’est ce que la question sous-entend? N’avons-nous pas tous un rêve beaucoup plus important que tous ces « rêves » qui deviennent pâles pacotilles lorsque nous les plaçons les uns à côté des autres? N’avons-nous pas tous un rêve (peu importe lequel) pour lequel nous sommes prêts à sacrifier tous les autres sans l’ombre d’un regret, pour lequel nous sommes prêts à renoncer à changer le monde même si l’occasion s’en présentait? Car nous rêvons tous un jour ou l’autre de changer le monde. D’en faire un monde idéal, plus juste, plus équitable, plus beau… Peut-être est-ce égoïste comme pensée, que de songer qu’on puisse renoncer à changer le monde pour un rêve. J’ai beau être idéaliste, je suis prête à l’avouer. C’est peut-être la bêtise humaine, je ne sais pas. Il y en a qui sacrifieraient tout pour l’argent, la gloire, l’honneur. Je donnerais n’importe quoi pour aimer éternellement. Certains donneraient tout pour changer le monde. Je les admire… Et vous, quel est votre plus grand rêve?

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FRANCINE NGUYEN-SAVARIA
& MATTHIEU LATREILLE
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